DÉCLARATION DU COLLOQUE

 

 

Nous, représentants d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche, acteurs, partenaires et décideurs dans le secteur de l’urbanisme et de la gestion des villes de l’espace francophone, réunis à Dakar, à l’initiative de l’Agence universitaire de la Francophonie lors de son colloque annuel « Le rôle des établissements d’enseignement supérieur et de recherche de l’espace francophone dans la promotion de la ville durable et l’évolution des mobilités urbaines » :

 

  • Remercions l’université Cheikh Anta Diop d’avoir accueilli dans d’excellentes conditions ce colloque annuel de l’AUF qui a permis de montrer l’importance de la collaboration des opérateurs urbains, des municipalités et des professionnels du secteur avec les établissements d’enseignement supérieur et de recherche pour l’évolution et la transformation des espaces urbains dans un contexte de transitions vers des villes et des territoires durables.

 

  • Saluons la mobilisation des maires des villes francophones présents et l’intérêt qu’ils portent à impliquer les établissements d’enseignement supérieur dans l’élaboration des politiques urbaines et la prise en compte de l’évolution des campus universitaires dans le tissu urbain.

 

  • Reconnaissons le rôle majeur que jouent les établissements d’enseignement supérieur et de recherche francophones comme opérateurs du développement des sociétés dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques urbaines. Ils sont à la fois des porteurs de compétences scientifiques pour mieux comprendre les phénomènes urbains et des acteurs urbains directs.

 

  • Affirmons la nécessité que les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, les opérateurs urbains privés ou publics, les réseaux professionnels dont l’expertise dans les services urbains est reconnue, soient sollicités et s’engagent dans la conception de villes durables et des évolutions qui y conduisent, en y apportant leurs compétences et leurs expériences pratiques.

 

  • Constatons qu’au Nord comme au Sud, concevoir et construire une ville durable fait appel à des spécialistes de l’urbanisme et de nombreuses disciplines scientifiques, faisant de la ville un véritable laboratoire de recherche et de production de données scientifiques

 

indispensables aux stratégies de développement des territoires. Planifier la ville durable depuis l’habitat jusqu’aux modes de transports, c’est également prendre en compte l’université et son écosystème comme un pôle essentiel dans la dynamisation et l’équilibre d’un territoire.

 

  • Soulignons la nécessité pour les États de créer plus d’École, d’Université, de Faculté et/ou de centre de recherche afin de pouvoir former un nombre suffisant de professionnels de l’urbain, de chercheurs, de décideurs répondant ainsi au défi démographique des villes d’aujourd’hui et de demain.

 

  • Reconnaissons le besoin de développer la formation et la reconversion des professionnels du secteur urbain pour répondre aux nouvelles exigences en matière de transitions écologiques, énergétiques, numériques et culturelles afin d’améliorer la vie des populations et le développement de villes durables sans exclusion.

 

  • Soulignons qu’il est indispensable de former les professionnels en aménagement du territoire, managers et décideurs en urbanisme capables d’accompagner et de développer la transformation numérique des activités urbaines. Les technologies numériques faciliteront la recherche, les simulations, le stockage et le partage des données, ainsi que le développement de services urbains performants, indispensables pour construire des villes innovantes et durables.

 

  • Souhaitons que les engagements pris par l’ensemble des participants au colloque de l’AUF favorisent le développement de villes durables et sans exclusion, et considèrent les campus universitaires comme « villes dans la ville » dans tous les pays de la Francophonie, en permettant de proposer des actions communes telles que :

 

  1. Mieux prendre en compte les universités comme espaces de centralité dans la ville, c’est-à-dire comme des pôles émetteurs et récepteurs de flux de mobilité (étudiants, employés, déplacements liés aux services et activités commerciales associés). Ces espaces doivent être aménagés en lien avec le reste du territoire urbain et desservis par les transports en commun (en particulier lorsqu’ils sont situés en périphérie des agglomérations).
     

  2. Favoriser des mobilités qui soient inclusives d’un point de vue socio-économique, notamment mettre en place des tarifications spéciales dans les transports collectifs qui desservent les universités pour favoriser le report modal et l’accessibilité à tous les étudiants.
     

  3. Amener les universités à devenir des lieux exemplaires à l’échelle de leur territoire pour impulser l’adoption de pratiques et d’initiatives qui favorisent la durabilité et l’inclusion. Cela consisterait à formuler des objectifs communs concrets en promouvant par exemple la neutralité énergétique ou des objectifs de réduction des gaz à effet de serre.
     

  4. Encourager les initiatives pour promouvoir les mobilités durables au sein des universités (en particulier lorsque les campus sont vastes) et dans leur agglomération. Les campus universitaires peuvent jouer le rôle de « laboratoire urbain » pour concevoir, tester, développer les mobilités de demain.
     

  5. Favoriser l’échange de « bonnes pratiques » mises au point dans les différentes universités de la Francophonie, et éventuellement le parrainage entre universités lorsque certaines actions sont trop complexes à entreprendre pour certaines d’entre elles.
     

  6. Encourager la mobilité des enseignants, des chercheurs et des étudiants engagés dans des parcours et/ou des carrières en aménagement urbain et du territoire à l’échelle de l’espace universitaire francophone.

  7. Créer un réseau d’établissements d'enseignement supérieur et de recherche intéressés par les questions sur la ville durable et les mobilités urbaines.
     

  8. Favoriser et financer les projets de recherche innovants de travaux sur la ville durable et les mobilités urbaines (mémoire de master, cotutelles ou codirection de thèses de doctorat), la création d’équipes de recherche internationales entre toutes les composantes de la Francophonie, entre le Nord et le Sud, comme entre le Sud et le Sud.
     

  9. Créer des partenariats avec les collectivités locales, les opérateur urbains privés/publics et les établissements d’enseignement supérieur et de recherche pour mettre la recherche scientifique, l’innovation et la formation universitaire au service des territoires et de la transition (création de contrat de doctorat, post- doctorat, soutien aux pratiques et modèles innovants de transfert de connaissances entre universités et les acteurs de la ville).
     

  10. Mettre en place des campagnes de sensibilisation auprès des citadins portant sur la nécessité de promouvoir les mobilités durables.

 

  • Affirmons en conséquence notre engagement et notre disponibilité pour contribuer à la mise en œuvre de ces actions et invitons d’autres partenaires qualifiés dans le domaine à la rejoindre.

 

  • Souhaitons enfin que cette coopération assumée et renforcée entre tous les acteurs fasse de l’espace francophone dans toute sa diversité une référence mondiale en matière de politiques efficientes d’aménagement du territoire pour la promotion de la ville durable et l’évolution des mobilités urbaines.

                                         Fait à Dakar, le 22 octobre 2019